

Iro
Sans titre - acrylique sur toile


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Laetitia Ratzmann, de nationalité française, vit et travaille à Paris. Sa peinture a vu le jour en 1999. C’est d’abord dans le cinéma et la télévision qu’elle trouvera ses premiers supports à l’expression picturale. Elle est souvent inspirée par ses voyages, mais sa peinture est d’abord très spontanée et imaginative.
Les couleurs de prédilection de Laetitia Ratzmann sont le rouge, le noir et l'or qu’elle utilise d’une manière très différente sur des grands et des petits formats avec des résultats étonnants. Elle travaille également avec d'autres tons, tels que l'orange, et le jaune, qu'elle mêlera subtilement à ses autres couleurs, et qu'elle appliquera parfois sur ses toiles ou ses dessins. Elle utilise exclusivement l'acrylique, en maîtrisant parfaitement son effet de relief. Les petits formats, en particulier, mettent en évidence la lumière cachée de la peinture.« TOC-TOC ! »
Une exposition proposée par Mi-ri RYOU
avec Yoko FUKUSHIMA, Myung-sun JU, Sandra PALOMAR, Ingrid RODEMACQ, Rafael SURIANI
Du 17 juin au 29 juin 2008

Tout espace a une identité propre. Qu’il soit vide ou plein, il montre les traces du temps comme événement historique ou comme faisant partie de la vie de chacun. Ces traces définissent son caractère et sont elles-mêmes atmosphères d’espace. Selon Nicolas Bourriaud : « L’espace, c’est une étendue indéfinie qui contient, entoure les objets et leur accorde trois dimensions ; étendue limitée rattachée à l’intervalle ; espace appréhendé par la vision ; territoire vital et personnel nécessaire pour ne pas se sentir gêné par autrui [1] ».
« TOC-TOC ! » vous propose de regarder autrement un espace qui sera traité comme une maison par cinq artistes internationaux. Chaque artiste intervient avec des objets ordinaires qui « organisent » sa conception du réel. Il doit chercher à donner une identité différente à chaque lieu. Il ne s’agit pas d’une reconstruction de l’espace, mais bel et bien d’une redéfinition de son identité. La conception de l’espace mobilise, selon nous, les personnages qui demeurent en son sein.
Mi-ri Ryou
[1] Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Les presses du réel, Dijon, 1998, p17
Convivialité
Je me rends chez des amis… ils viennent de déménager. Me voilà arrivée à leur nouvelle adresse : 44, rue Bouret dans le dix-neuvième arrondissement. Le sésame du lieu (numéro du digicode) m’a été envoyé par texto. J’entre dans la cour, un matou m’accueille. Quelques personnes vont et viennent, des bruits de bricolage me parviennent. J’hésite, je cherche le nom de mes hôtes sur les boîtes aux lettres mais il n’y figure pas encore ! Je me résous alors à appeler la maîtresse de maison : Mi-ri. Elle a à peine décroché qu’elle est déjà sur le perron, souriante mais quelque peu pressée car tout n’est pas encore prêt pour la pendaison de crémaillère prévue dans deux jours. « Toc Toc », je pénètre dans ce lieu inconnu, invitation à la découverte. Elle me présente aux différents résidents de cette maison éphémère : la propriétaire Madame Li, les membres de l’Association Sans Frontières et ses locataires : Sandra, Ingride et Myung-Sun. Yoko et Rafael sont sortis.
Cette collocation artistique internationale emménage et j’assiste à l’installation, à ce moment où perplexe se posent les questions sur la manière d’habiter le lieu, de se l’approprier, de le caractériser selon ses goûts, d’y trouver ses repères et de s’y sentir chez soi en y disposant ses effets personnels… le temps des branchements électriques, du tapissage des murs et de la mise en place du mobilier. Je perçois déjà l’atmosphère de travail « bon enfant » qui règne ici : « Tu peux m’aider à ajuster ceci ? Tu crois que je peux l’installer là ? Cela ne fonctionne pas !? »
Je me trouve dans un espace défini comme une maison et revendiqué comme tel par ses habitants : un salon décoré et remeublé pour l’occasion, une chambre plongée dans le noir absolu, une cuisine de laquelle s’échappent des bruits d’ustensiles et une autre chambre dans laquelle un lit est en train d’être monté. Je suis plongée dans un univers familier et pourtant différent. Familier, car cet endroit me renvoie à mes souvenirs d’enfant : l’empilement savant des meubles dans le salon m’évoquent les cabanes et les jeux de construction, les dessins collés à même le mur, ce bonheur de s’exprimer à même l’espace, la présence des chats, symboles animaliers de la domus par excellence confirme cette impression, le noir évoque refuge, cachette et songes, la douce musique de la préparation des repas… indique quant à elle la présence rassurante de ma mère…
La différence vient du fait que cette intimité n’est pas la mienne mais celle introduite par ces artistes qui possèdent l’art et la manière de parler du particulier et du privé pour évoquer l’universel et le public, créant des échos au vécu et à la perception de chacun. Ces multiples propositions de compositions d’intérieurs convoquent les valeurs associées à la maison : refuge, famille, organisation, et domesticité mais jouent avec elles, les réinterprètent pour donner une approche décalée de leur vision traditionnelle.
Ces premières impressions et ce sentiment de bien-être demandent à être confirmés lors d’une prochaine visite de courtoisie, lorsque toutes les installations seront en place…
Vierginie CEZ

« sleeping flower », projection video, 2008
de YOKO FUKUSHIMA /plasticienne, vidéaste

« La machine à bruits ? », Installation en sonorée, 200?
de MYUNG- SUN JU / plasticienne
Née en 197? à Séoul en Corée du sud, vit et travaille à Paris et Séoul


Performance de Sandra Palomar le 19 juin à 20h
"HARANA 13 (la salope chantant et ses carottes)"
Notes sur Harana 13
En 1967 - 1968, Richard Serra fait une liste de verbes.
Habiter n'y est pas.
J'arrive sur place.
J'inspecte les affaires qui s'y trouvent.
Je les déplace pour vider les locaux.
J'en fabrique un abri.
Il y a des chats qui vivent dans la maison.
Ils viennent me dire bonjour.
Ils me font éternuer car je suis allergique à leurs poils.
Je fais un nettoyage mais les poils sont partout.
Il faut faire avec.
Je m'installe avec mes carottes (et mon couteau).
Je chante en les taillant.
J'éternue une fois, puis encore une fois.
Mes yeux commencent à gonfler. Ils pleurent. Mon nez coule.
Combien de temps vais-je tenir?
Je m'en vais.
Je reviendrai de temps en temps déplacer les affaires
et les remettre à leur place d’origine.
Et puis je m'en vais pour habiter ailleurs.
Harana 13 est dedié à Miki.
Notes on Harana 13
In 1967 – 1968, Richard Serra makes a list of verbs.
To live is not among them.
I arrive at the space.
I inspect the objects that are there.
I move them to empty the place.
I construct a shelter with them.
There are cats that live in the house.
They come to greet me.
They make me sneeze because I am allergic to their fur.
I clean but their fur is all over.
I will have to make do.
I move in with my carrots (and my knife).
I sing while carving them.
I sneeze once, then twice.
My eyes begin to swell. They tear. My nose runs.
How long will I hold?
I leave.
I return once in a while, to move
and put the objects back in their place.
Then I leave to live somewhere else.
Harana 13 is dedicated to Miki.
(cliquez sur l'image pour agrandir)







Une photo, cela ne représente qu’un centième de seconde. Et pourtant si l’on réussit la bonne photo, celle qui restera fidèle à la façon dont se représente le monde, alors cette photo-là pourra acquérir un tout autre statut que celle que l’on a empilé dans une boîte et que l’on ne montrera pas.
En fait, pourquoi est-ce que je prends des photos si ce n’est pour figer ces instants dans ma mémoire. Lutter contre le temps ne sert à rien, par contre, on peut appréhender la mort, sa propre mort d’une autre façon, en sauvant quelques miettes d’éternité dans le mouvement inexorable de la vie.
La photographie est pour moi une méthode. Un témoignage de ce qui vit et de ce qui meurt, une prise à témoin silencieuse du monde dans lequel je vis. Finalement, le contenu de mes photographies n’est que le prolongement de l’acte de photographier : éphémère et en même temps intemporel.
La trame narrative de mes photographies est très importante dans le choix que je fais de ce que je veux montrer. Les scènes qui sont représentées font partie de la réalité et nous échappe tout aussi bien.
C’est qu’il est question ici de non-lieux qui auraient une logique inverse à l’événement, au spectaculaire. Ce qui demande à être vu c’est une réminiscence, le souvenir de ce que nous avons toujours été, des passagers flottants face au temps qui passe.KYK ET LE 13EME MYTHE
VERNISSAGE Mardi le 13 Mai de 19h à 22h
Du 14 mai au 23 mai 2008




Costéa de la Reghin, arrive il y a 9 ans dans une France qui l’a toujours fasciné.Ancien élève de l’école des beaux arts de Timisoara, il a à son actif plusieurs participations importantes, dont le Musée Cotroceni de Bucarest, le Musée d'arts de Timisoara. Accueilli dans les cercles parisiens, il réalise d’abord des séries d’expositions privées avant de se tourner vers un public plus large.Dessinateur naturel, à la fois classique, moderne, onirique, son oeuvre est remplie des symboles du fondamental. Son univers est habité d’animaux, d’histoires, de personnages, de maisons et de campagne. Images d'enfances, histoires de là ou d'ailleurs.Il dessine et colorie la réalité, le sentiment. Chaque tableau commence par une histoire, un premier trait, encore visible sur certaines oeuvres. La couleur, elle, est obtenue par transparence ; 5 couches pour un vert, jusqu’à 20 pour un rouge : une technique inspirée des flamands. Ses oeuvres dégagent un univers baigné de la tranquillité poétique de ce peintre raconteur d'histoires. Une peinture directe, touchante, pour ne pas dire vivante.
Pour en savoir plus sur l'artiste: http://www.costeadelareghin.net/